DE LA DISSIDENCE AU STALINISME – IL N’Y A QU’UN PAS  

Puisqu’une certaine fraction de la communauté dissidente installée en Occident, et que j’appelle « meute », a déclenché contre moi une campagne mensongère de dénigrement, il ne me reste qu’à montrer à tout le monde qu’une personne prise individuellement est en mesure de faire face à une meute, si cette personne est un homme – un vrai.
[Voir les publications sur moi dans « Nouvelle parole russe » du 13 janvier 2008; « Est-Ouest » (des 17 décembre 2007, 23 décembre 2007, 3 mars 2008, 5 mai 2008 et 12 mai 2008); «My zdess » (Nous sommes là) ¹141, ¹142, ¹161; «Evreyskiy mir» (Le Monde juif) du 10 avril 2008].

Cette mouvance a pour chef de file, ou plutôt pour figure de proue, un fainéant professionnel vivant depuis plusieurs décennies aux crochets d’une femme qu’il a publiquement qualifié – avec toute l’impudence qui lui est propre – de malade psychique, mais à laquelle il s’accroche pourtant mordicus.
Cette personne s’appelle Victor Fainberg.
Eh oui, ce même Fainberg qu’il est convenu de considérer comme grand défenseur des droits de l’homme et qui, en réalité, ne fait que spéculer sur les valeurs morales (surtout au moment où on lui envoie un nouvel interviewer).
C’est bien cette personne qui a commis devant mes yeux tant de méfaits (d’ordre criminel et moral) qu’il est impossible de les énumérer tous de mémoire, sans les avoir transcrit préalablement sur papier.
Je ne suis pas le seul à figurer parmi les victimes des crimes perpétrés par le « défenseur des droits de l’homme » Fainberg.
Comme tout criminel, il a peur de la justice.
Je le répète et j’insiste bien là-dessus – le « défenseur des droits » Fainberg craint LE DROIT.

A trois reprises, il ne s’est pas présenté à l’audience. Pour être plus précis, les deux premiers défauts de comparution seraient dû à son état de santé (pas une seule fois, remarque-t-on, son malaise ne l’a empêché d’accorder une interview ayant pour thème son héroïsme), alors que la troisième non-comparution du faux défenseur des droits de l’homme s’expliquait par un déplacement plus qu’opportun de son avocat.

Bref, l’audience est repoussée (pour la n-ième fois) jusqu’au 3 juillet.

Tout porte à croire qu’elle n’aura pas lieu non plus le 3 juillet. Effectivement, Maître Jean Chevais – avocat de Fainberg – est un vieux routier de la justice. Il est suffisamment expérimenté pour comprendre toute la fragilité de la position de son client. Ainsi, la stratégie de Me Chevais consiste à repousser par tous les moyens l’audience au mois de septembre. Car rien ne doit assombrir la célébration du criminel Fainberg en août – à l’occasion du 40-ème anniversaire de la manifestation sur la place Rouge, à Moscou, à laquelle ce légume avait participé et dont il perçoit depuis avec succès les dividendes.

Et des sacrés dividendes ! Ce légume est persuadé de détenir une indulgence à vie: il croit que les lois morale et pénale ne sont pas écrites pour lui et que l’imposture est un magnifique moyen de s’autoglorifier et de s’imposer.

Une multitude de personnes s’est retrouvée entraînée dans l’orbite de cette imposture. Dans l’entourage le plus proche, on voit évoluer Plioutch et K°. Sur l’orbite plus éloignée, on retrouve les admirateurs outre-atlantiques de Fainberg : Bantchik, Poupko et Bonner. Il y a encore un astéroïde en la personne de Max Gemmon, britannique très « droitdel’hommiste ». Et naturellement, jouant le rôle d’une sorte de Lune, le propre fils de Fainberg, fait avec la même « pâte génétique ». Evidemment, cette liste est loin d’être exhaustive.

Tous ces « orbites », « planètes », « comètes », « lunes » et autres « astéroïdes », toute cette masse, matière, système représentent une sorte de communauté spécifique, que j’ai baptisée « corporation à plusieurs échelons ».

A l’image des stalinistes, qui ont toujours nié et continuent de nier avec colère et haine les crimes de Staline, les membres de ladite corporation, tels de mauvais disciples des stalinistes, nient les crimes de Fainberg avec la même ardeur stalinienne. A la différence près que les stalinistes, au moins, ne se faisaient pas passer pour défenseurs des droits de l’homme.

Affirmer que l’homme qui a protesté sur la place Rouge ne peut pas être par définition un criminel, revient à faire preuve soit de pauvreté d’esprit, soit de bassesse morale. Si quelqu’un a une troisième explication – plus sophistiquée, je l’écouterai volontiers.

Je reviens en deux mots sur l’audience annulée le 22 mai dernier.
La juge ne pouvant pas trouver dans le dossier le document justifiant l’absence de la partie adverse, le greffier lui a fait savoir de sa place que Me Chevais (avocat de Fainberg) l’avait avisé par téléphone de son absence à Paris ce jour-là.

Maître Chevais n’a pas cru utile de le signaler aux juges par écrit, en précisant les jours où il est à Paris et ses jours de déplacement. Cela n’est pas du au hasard, car l’avocat de Fainberg se laisse une marge de manœuvre pour pouvoir demander un nouveau renvoi de l’audience. Je le rappelle, il a pour objectif d’ajourner l’examen de l’affaire jusqu’au mois de septembre. Pour atteindre cet objectif, tous les moyens sont bons.

Puisque, comme je l’ai déjà noté, Me Chevais est quelqu’un d’intelligent, il réalise que Fainberg est un criminel. Or, suivant la suggestion de Fainberg, il a décidé de recourir à une pratique bien rôdée et habituelle: celle de jeter l’assertion selon laquelle le contradicteur de Fainberg serait antisémite. Cela revient à taxer quelqu’un « d’ennemi du peuple » à l’époque stalinienne. Ce style est connu, voire très connu.

De la même façon qu’à l’époque stalinienne la presse soviétique dénigrait les « ennemis du peuple », aujourd’hui le dénigrement de « l’ennemi antisémite » mobilise la presse communis…, ha pardon, corporative. Comment ne pas faire le parallèle entre, par exemple, la campagne de dénigrement des « médecins - assassins » dans la « Pravda », les « Izvestiya » ou « Goudok » en 1953 d’une part, et le dénigrement de « l’ennemi du peuple », ah pardon, « antisémite » Potylitsyn par les périodiques « Est-Ouest », « Le Monde juif » et « La nouvelle parole russe » d’autre part.

Tout comme dans la lointaine année 53 « les médecins – assassins » « empoisonnaient » les leaders soviétiques, aujourd’hui le « scélérat » et « agent » Potylitsyn « manque par miracle d’assassiner » le leader – fainéant.

Tout comme à l’époque, aujourd’hui encore ce genre d’articles est, comme il se doit, rempli de haine envers l’ennemi, de dévouement aveugle pour ses leaders criminels et d’amour pathétique, frôlant le mauvais goût, de la Patrie. Les deux styles sont drôlement semblables. Et tout comme par le passé, ce genre d’articles s’illustre par son indigence intellectuelle. Cette indigence s’explique facilement : il est plus facile de poétiser les excréments et de les nommer miel, que d’écrire un article intelligent sur un thème délirant.

Ainsi, les articles hystériques et dénigrants datant de deux époques différentes sont étonnamment semblables. Par contre, les réactions des lecteurs de l’époque stalinienne et de nos temps se sont avérées absolument dissemblables, celles d’aujourd’hui étant marquées par l’absence complète « de lettres indignées de travailleurs » exigeant de « fusiller »… et ainsi de suite. Le lecteur contemporain s’est avéré plus intelligent que les auteurs contemporains. Et cela permet de rester optimiste.

Il est extraordinaire que certaines personnes qui se considèrent comme anti-stalinistes, en fait soient organiquement proches du stalinisme. Cela veut dire que le stalinisme est un phénomène qui relève plus des gens eux-mêmes que de Staline. Même des gens qui se considèrent comme défenseurs des droits de l’homme.

Or, par leur comportement ces « défenseurs des droits de l’homme » ont démontré que, dans certaines circonstances, il s’avère facile de renouer avec le stalinisme même sans Staline. Et le personnel de la Tcheka pourra facilement être étoffé dès demain; Fainberg étant le premier postulant. Si quelqu’un veut s’imaginer un Tchékiste en chair et en os, qu’il examine avec soin Fainberg.

Dans une certaine mesure, les actuels « défenseurs des droits de l’homme » ont même fait mieux que les zélateurs staliniens. A cette époque, ces derniers commençaient par arracher par la torture les « aveux » avant de juger. Les « défenseurs des droits de l’homme » contemporains ont prononcé le verdict avec le procès.

Bravo les « défenseurs des droits de l’homme » ! Bravo ! Continuez ainsi !

Oui… Comme aimait le dire mon grand-père: «La vie a du pétillant!» Après avoir dit cela, il marquait une courte pause et ajoutait : « Et ça pétille ! ».

Le 27 may 2008 ¤ Sergey POTYLITSYN


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